L’ACRE (Aide à la création ou à la reprise d’entreprise) est une exonération partielle de cotisations sociales accordée pendant la première période d’activité. Pour un micro-entrepreneur, elle ramène ses cotisations à 75 % du taux normal ; pour les autres créateurs, elle couvre 25 % des cotisations personnelles concernées, sous conditions de revenus.
Le dispositif a été réformé par le décret n° 2026-69 du 6 février 2026, publié au Journal officiel du 8 février : l’avantage est nettement moins généreux qu’avant, et la demande n’est plus automatique. Voici ce qui s’applique actuellement, avec les chiffres vérifiés sur les pages officielles.
Qu’est-ce que l’ACRE ?
L’ACRE est une exonération partielle de cotisations sociales personnelles, et non une subvention. Aucune somme n’est versée au créateur : c’est l’Urssaf qui prélève moins de cotisations pendant le démarrage de l’activité.
Elle s’adresse aux personnes qui créent ou reprennent une entreprise et remplissent certaines conditions de situation personnelle. Son objectif est d’alléger les charges au moment où le chiffre d’affaires est encore fragile.
Vous croiserez aussi les sigles ACCRE ou ARCE : l’ACCRE est l’ancien nom de l’aide, qui ne concernait que les chômeurs créateurs, tandis que l’ARCE est une aide différente, versée par France Travail. Aujourd’hui, on parle d’ACRE pour désigner l’exonération de cotisations ouverte à plusieurs catégories de créateurs.
Who is eligible for ACRE?
L’ACRE est réservée à des profils précis, listés par l’administration. Vous pouvez la demander si vous êtes dans l’une de ces situations :
- demandeur d’emploi indemnisé (ARE) ou bénéficiaire de l’ASP, du RSA ou de l’ASS ;
- demandeur d’emploi non indemnisé inscrit depuis au moins 6 mois au cours des 18 derniers mois ;
- jeune de 18 à 25 ans (jusqu’à 29 ans si le handicap est reconnu), ou de moins de 30 ans non éligible à l’ARE ;
- personne qui s’installe dans un quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV) ou une zone de revitalisation rurale (ZFRR), ou qui perçoit la PreParE.
Deux règles s’ajoutent à votre profil. Vous devez être au tout début de l’activité, et ne pas avoir déjà bénéficié de l’ACRE au cours des 3 années précédentes.
Pour une société (SASU, SAS, SARL…), le dirigeant doit en avoir le contrôle effectif, et le conserver au moins 2 ans. L’administration fixe des seuils de détention du capital, par exemple plus de 50 % des parts, ou au moins un tiers avec une fonction de direction.
Le décret n° 2026-69 a divisé par deux l’avantage des micro-entrepreneurs et réduit de moitié, voire plus, celui des autres créateurs. Il s’applique aux créations et reprises intervenues à compter du 1er janvier 2026, avec une entrée en vigueur au 1er juillet 2026 pour le taux micro.
| Point |
Avant la réforme |
Actuellement |
| Micro-entrepreneur |
Cotisations à 50 % du taux normal |
Cotisations à 75 % du taux normal |
| Hors micro, revenu inférieur à 75 % du PASS |
Exonération jusqu’à 100 % |
Exonération plafonnée à 25 % |
| Demande |
Automatique à l’immatriculation |
À déposer auprès de l’Urssaf, sous 60 jours |
| Durée hors micro |
12 mois |
12 mois |
Beaucoup d’articles et d’outils en ligne citent encore l’ancien taux de 50 %. En cas de doute, la seule référence fiable est la page officielle de Service-public, mise à jour par la DILA et vérifiée le 1er juillet 2026 au moment où nous l’avons consultée.
Quel est le taux d’exonération de l’ACRE actuellement ?
Le taux dépend de votre statut : micro-entrepreneur ou non. Le tableau résume les règles issues du décret n° 2026-69 et de la page ACRE de Service-public, vérifiée le 1er juillet 2026.
| Statut |
Avantage ACRE |
Durée |
| Micro-entrepreneur |
Cotisations à 75 % du taux normal (exonération de 25 %) |
Jusqu’à la fin du 3e trimestre civil suivant le début d’activité |
| Entrepreneur individuel ou dirigeant, hors micro (revenu ≤ 36 045 €) |
25 % des cotisations concernées |
12 mois |
| Hors micro (revenu entre 36 045 € et 48 060 €) |
Exonération dégressive
|
12 mois |
| Hors micro (revenu ≥ 48 060 €) |
Aucune exonération |
— |
Les seuils de 36 045 € et 48 060 € correspondent à 75 % et 100 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS). Les créations intervenues entre le 1er janvier et le 30 juin 2026 relèvent de règles de transition : vérifiez votre situation auprès de l’Urssaf.
Combien de temps dure l’ACRE ?
Pour un micro-entrepreneur, l’ACRE court jusqu’à la fin du 3e trimestre civil qui suit la date de début d’activité. Une activité démarrée le 3 septembre 2026 est couverte jusqu’au 30 juin 2027, soit 10 mois seulement.
Pour les autres créateurs, l’exonération dure 12 mois. Un conseil pratique de l’administration : démarrer l’activité en début de trimestre maximise la durée réelle de l’avantage en micro-entreprise.
Combien économise un micro-entrepreneur avec l’ACRE ?
L’économie est de 25 % du taux de cotisations, appliquée à votre chiffre d’affaires encaissé. Prenons un prestataire de services en BIC, dont le taux normal est de 21,2 %.
| Activité |
Taux normal |
Taux avec ACRE (75 %) |
| Vente de marchandises |
12,3 % |
≈ 9,2 % |
| Prestations de services (BIC) |
21,2 % |
15,9 % |
| Libéral non réglementé (BNC) |
25,6 % |
≈ 19,2 % |
| Libéral réglementé (Cipav) |
23,2 % |
≈ 17,4 % |
Avec 2 000 € de chiffre d’affaires par mois pendant les 10 mois de l’exemple précédent, les cotisations passent de 4 240 € à 3 180 € : 1 060 € économisés. C’est utile, sans changer la rentabilité du projet.
Cette économie se compare à vos charges fixes : un calcul de seuil de rentabilité vous dit combien de chiffre d’affaires il faut réaliser avant de dégager un revenu, avec ou sans ACRE.
Deux autres profils donnent un ordre de grandeur selon l’activité exercée :
| Profil |
Sales figures |
Sans ACRE |
Avec ACRE |
Économie |
| Vendeur en ligne (marchandises) |
30 000 € sur 12 mois |
3 690 € |
≈ 2 768 € |
≈ 922 € |
| Consultant en BNC non réglementé |
24 000 € sur 10 mois |
6 144 € |
4 608 € |
1 536 € |
Plus votre taux normal est élevé, plus l’ACRE rapporte : à chiffre d’affaires égal, une activité libérale économise davantage qu’une activité de vente, dont le taux est plus faible.
Les taux normaux proviennent de la page taux de cotisations des micro-entrepreneurs de Service-public (vérifiée le 1er janvier 2026) ; les taux avec ACRE sont calculés à 75 % de ces valeurs, seul le chiffre de 15,9 % figure sur la page officielle.
Quelles cotisations l’ACRE couvre-t-elle ?
Pour les entrepreneurs hors micro, l’exonération porte sur les cotisations personnelles d’assurance maladie-maternité, de retraite de base, d’invalidité-décès et d’allocations familiales. Elle ne concerne pas la CSG-CRDS, la retraite complémentaire ni la contribution à la formation professionnelle.
Elle ne touche pas non plus à vos impôts ni à la TVA. Votre protection sociale reste identique : vous cotisez moins, mais vos droits sont maintenus.
Depuis le 1er janvier 2026, la demande n’est plus automatique. Elle se fait auprès de l’Urssaf, depuis votre espace en ligne, avec le formulaire adapté (travailleur indépendant ou mandataire social) et les justificatifs de votre situation.
-
Immatriculez votre activité (guichet unique) et notez la date de début d’activité figurant sur votre justificatif de création.
-
Déposez la demande au plus tard le 60e jour suivant cette date, depuis votre espace personnel Urssaf.
- Joignez les justificatifs : attestation France Travail, justificatif d’âge ou de lieu d’implantation, selon votre profil.
-
Attendez la réponse : l’Urssaf dispose de 30 jours, et le silence vaut acceptation.
La procédure complète est détaillée sur la page officielle ACRE de Service-public. Passé le délai de 60 jours, la demande n’est plus recevable : c’est l’erreur la plus coûteuse.
L’ACRE se cumule-t-elle avec le chômage ?
Oui, les demandeurs d’emploi font partie des publics éligibles : l’ACRE est compatible avec le maintien des allocations d’aide au retour à l’emploi (ARE) ou avec l’aide au retour à l’emploi créateur (ARCE).
Avec l’ARCE, vous touchez 60 % de vos droits restants en deux versements (source Unédic). Avec le maintien de l’ARE, le cumul avec vos revenus d’activité est plafonné à 60 % de votre ancien salaire. Comparez les deux avec votre conseiller France Travail avant de choisir.
Quel statut choisir pour profiter de l’ACRE ?
L’ACRE n’est jamais une bonne raison, à elle seule, de choisir un statut. Son poids est limité par rapport aux autres critères : protection sociale, fiscalité, responsabilité, projets de développement.
En micro-entreprise, l’effet est immédiat et simple : votre taux de cotisations baisse de 25 %, sans calcul de revenu. C’est le cas où l’ACRE se lit le plus facilement dans votre budget.
En entreprise individuelle classique ou en société, l’avantage dépend de votre revenu professionnel de l’année : il est de 25 % jusqu’à 36 045 €, puis diminue, et disparaît à partir de 48 060 €. Un revenu élevé dès la première année réduit donc, voire annule, l’intérêt de l’ACRE.
Les dirigeants de société doivent par ailleurs contrôler effectivement leur entreprise pendant au moins 2 ans. L’avantage réel dépend aussi du régime de cotisations du dirigeant (indépendant ou assimilé salarié) : confirmez-le auprès de l’Urssaf avant de bâtir votre prévisionnel.
Notre conseil : choisissez votre statut selon votre projet (notre guide pour créer votre propre entreprise vous aide à comparer), puis vérifiez si l’ACRE s’y ajoute. Elle améliore la trésorerie du démarrage, sans remplacer un vrai prévisionnel financier.
ACRE et NACRE : ne les confondez pas
L’ACRE est une exonération de cotisations ; le NACRE était un accompagnement au montage du projet, avec un prêt à taux zéro possible. Les deux dispositifs n’ont ni les mêmes publics ni les mêmes règles, et le NACRE n’existe plus au niveau national.
Si vous cherchez un accompagnement plutôt qu’une exonération, notre article sur le dispositif NACRE fait le point sur ce qui existe encore.
Que faire si l’ACRE est refusée ?
Un refus doit être motivé par l’Urssaf : profil non éligible, demande hors délai, ou ACRE déjà perçue au cours des 3 dernières années. Relisez d’abord le motif et vérifiez que votre dossier comportait tous les justificatifs.
Si vous estimez que la décision est erronée, vous pouvez contester auprès de la commission de recours amiable de l’Urssaf, dans le délai indiqué sur la notification de refus. Gardez une copie de votre demande et de la date de dépôt.
Checklist : êtes-vous prêt à demander l’ACRE ?
Avant de déposer votre dossier, passez en revue les points suivants :
-
Votre profil figure bien dans la liste des publics éligibles (emploi, âge, lieu d’implantation) ;
- vous n’avez pas bénéficié de l’ACRE depuis moins de 3 ans ;
-
la date de début d’activité est connue, et le délai de 60 jours est noté dans votre agenda ;
- vos justificatifs sont à jour : attestation France Travail, pièce d’identité, justificatif d’adresse ;
- pour une société, vous contrôlez effectivement l’entreprise et vous le resterez 2 ans.
Quels pièges éviter avec l’ACRE ?
Premier piège : oublier la demande. Elle n’est plus automatique et le délai de 60 jours est strict. Mettez un rappel dès l’immatriculation.
Deuxième piège : la durée en micro-entreprise. Démarrer en fin de trimestre raccourcit l’avantage : au pire, il ne couvre que 9 mois. Une date de début d’activité bien choisie fait gagner plusieurs mois d’exonération.
Troisième piège : l’effet de bascule à la fin de l’ACRE. Vos cotisations repassent au taux normal : prévoyez cette hausse dans votre prévisionnel, surtout si votre chiffre d’affaires a progressé entre-temps.
Enfin, vérifiez votre éligibilité avant d’en faire un argument de votre plan de financement : tous les créateurs n’y ont pas droit, et un refus est possible.
Créer son entreprise avec l’ACRE : par où commencer ?
L’ACRE se demande une fois l’activité déclarée. Le plus simple est donc de structurer d’abord votre projet : statut, adresse, formalités. Notre guide de création détaille chaque étape.
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Conclusion
L’ACRE reste un coup de pouce réel mais plus limité : 25 % d’exonération, une demande à déposer sous 60 jours et des profils éligibles précis. Vérifiez votre situation sur Service-public avant de vous lancer.
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