Entre Paris et Montreuil, dix kilomètres séparent 16,52 % et 38,67 %. À base d'imposition identique, la même entreprise y paie du simple au double et demi.
Voici les taux de cotisation foncière des entreprises applicables en 2026 dans les 51 principales villes françaises, relevés dans le fichier des taux votés publié par la Direction générale des collectivités locales, arrêté au 31 juillet 2026.
Ce qui change en 2026
La nouvelle rassurante d'abord : six villes seulement ont augmenté leur taux, et aucune ne l'a baissé. Pour les quarante-cinq autres, le taux de 2025 est reconduit à l'identique.
| Ville |
Taux 2025 |
Taux 2026 |
Évolution |
| Lyon |
28,62 % |
30,34 % |
+ 1,72 point |
| Villeurbanne |
28,62 % |
30,34 % |
+ 1,72 point |
| Le Havre |
25,32 % |
26,66 % |
+ 1,34 point |
| Poitiers |
26,01 % |
26,95 % |
+ 0,94 point |
| Besançon |
26,75 % |
26,89 % |
+ 0,14 point |
| Clermont-Ferrand |
27,14 % |
27,17 % |
+ 0,03 point |
Lyon et Villeurbanne bougent ensemble, et pour une raison qui explique l'essentiel de ce guide : elles relèvent de la même collectivité, la Métropole de Lyon, qui vote un taux unique pour ses cinquante-neuf communes.
Le mouvement lyonnais est le plus lourd de l'échantillon. Pour une entreprise imposée sur une base de 2 000 €, il représente 34 € de plus par an ; sur une base de 10 000 €, 172 €.
Pourquoi parler de « taux communal » est trompeur
C'est le point que presque tous les comparatifs passent sous silence. Dans la grande majorité des villes, ce n'est pas la commune qui vote le taux de CFE, mais l'intercommunalité.
Depuis la réforme de la taxe professionnelle, les communautés d'agglomération, communautés urbaines et métropoles appliquent le plus souvent le régime de la fiscalité professionnelle unique : elles perçoivent seules la CFE et votent un taux identique sur tout leur territoire.
Conséquence pratique : déménager d'une commune à l'autre au sein de la même métropole ne change rien à votre CFE. C'est l'erreur la plus coûteuse en matière de domiciliation, parce qu'elle donne l'illusion d'une optimisation.
Deux exceptions notables figurent dans notre tableau. Paris vote son propre taux, en tant que collectivité à statut particulier. Et dans la métropole du Grand Paris, ce sont les établissements publics territoriaux qui lèvent la CFE, ce qui explique que Boulogne-Billancourt, Nanterre et Montreuil affichent des taux radicalement différents alors qu'elles appartiennent à la même métropole.
Les taux de CFE 2026, ville par ville
Les taux sont classés par ordre alphabétique. Ils correspondent au taux voté applicable aux impositions de 2026.
| Ville |
Taux de CFE 2026 |
Évolution |
| Agen |
28,72 % |
— |
| Aix-en-Provence |
32,87 % |
— |
| Amiens |
25,83 % |
— |
| Angers |
25,22 % |
— |
| Annecy |
23,95 % |
— |
| Argenteuil |
25,84 % |
— |
| Asnières-sur-Seine |
25,84 % |
— |
| Avignon |
37,42 % |
— |
| Besançon |
26,89 % |
+ 0,14 point |
| Bordeaux |
35,06 % |
— |
| Boulogne-Billancourt |
20,87 % |
— |
| Brest |
29,96 % |
— |
| Caen |
25,71 % |
— |
| Clermont-Ferrand |
27,17 % |
+ 0,03 point |
| Créteil |
34,86 % |
— |
| Dijon |
27,04 % |
— |
| Dunkerque |
34,94 % |
— |
| Grenoble |
34,63 % |
— |
| Le Havre |
26,66 % |
+ 1,34 point |
| Le Mans |
27,41 % |
— |
| Lille |
33,61 % |
— |
| Limoges |
26,40 % |
— |
| Lyon |
30,34 % |
+ 1,72 point |
| Marseille |
32,87 % |
— |
| Metz |
25,94 % |
— |
| Montpellier |
36,58 % |
— |
| Montreuil |
38,67 % |
— |
| Mulhouse |
26,36 % |
— |
| Nancy |
29,65 % |
— |
| Nantes |
31,49 % |
— |
| Nanterre |
20,91 % |
— |
| Nice |
28,88 % |
— |
| Nîmes |
34,30 % |
— |
| Orléans |
24,88 % |
— |
| Paris |
16,52 % |
— |
| Perpignan |
34,59 % |
— |
| Poitiers |
26,95 % |
+ 0,94 point |
| Reims |
24,80 % |
— |
| Rennes |
28,73 % |
— |
| Roubaix |
33,61 % |
— |
| Rouen |
26,50 % |
— |
| Saint-Denis |
38,49 % |
— |
| Saint-Étienne |
29,67 % |
— |
| Strasbourg |
26,83 % |
— |
| Toulon |
35,89 % |
— |
| Toulouse |
36,58 % |
— |
| Tourcoing |
33,61 % |
— |
| Towers |
23,37 % |
— |
| Versailles |
18,86 % |
— |
| Villeurbanne |
30,34 % |
+ 1,72 point |
| Vitry-sur-Seine |
33,78 % |
— |
La moyenne de l'échantillon s'établit à 29,35 %, et la médiane à 28,73 %. Un taux inférieur à 25 % place une ville dans le quart le plus favorable.
Les grandes villes, dans le quart le plus cher de France
Notre échantillon ne dit rien du reste du pays. Nous avons donc calculé la distribution complète des taux à partir du même fichier, qui couvre les 1 104 intercommunalités appliquant la fiscalité professionnelle unique.
| Repère national 2026 |
Taux de CFE |
| Taux le plus bas |
10,54 % |
| Premier quartile |
23,38 % |
| Médiane nationale |
25,83 % |
| Moyenne nationale |
26,25 % |
| Troisième quartile |
28,58 % |
| Taux le plus élevé |
51,28 % |
Le résultat est net. La médiane de nos 51 grandes villes s'établit à 28,73 %, soit au-dessus du troisième quartile national. Autrement dit, plus de la moitié des grandes villes françaises se situent dans le quart le plus cher du pays.
La hiérarchie par type d'intercommunalité confirme le phénomène : 25,87 % en moyenne dans les 828 communautés de communes, 27,16 % dans les 241 communautés d'agglomération, 29,08 % dans les 35 communautés urbaines. Plus le territoire est urbain, plus le taux monte.
Une nuance s'impose cependant, et elle est décisive. Un taux élevé ne rend pas une grande ville plus coûteuse qu'une commune rurale si la base minimum y est plus basse, et les métropoles retiennent fréquemment des bases modérées pour rester attractives.
Paris, la grande ville la moins chère de France
À 16,52 %, Paris affiche le taux le plus bas de notre échantillon, très loin devant Versailles (18,86 %) et Boulogne-Billancourt (20,87 %). Un écart qui surprend, s'agissant de la ville la plus chère de France à tous les autres égards.
L'explication tient à l'assiette. Paris concentre une densité d'activité économique sans équivalent : des milliers d'entreprises au kilomètre carré, des valeurs locatives élevées, donc une base imposable considérable.
Un taux faible appliqué à une base très large produit un rendement supérieur à un taux élevé sur une base étroite. Paris peut donc se permettre le taux le plus bas tout en percevant le produit de CFE le plus important.
Attention toutefois à la lecture : un taux bas ne signifie pas une cotisation basse. Si vous disposez d'un local parisien, sa valeur locative sera élevée et compensera largement l'avantage du taux. L'arbitrage n'est réellement favorable que pour les entreprises sans local, imposées sur la base minimum.
Ce qui détermine vraiment votre cotisation
Le taux n'est que la moitié de l'équation. La cotisation résulte de la base d'imposition multipliée par ce taux, et la base obéit à ses propres règles.
Avec un local, la base est la valeur locative du bien, telle qu'elle sert au calcul de la taxe foncière.
Sans local, c'est la base minimum qui s'applique, fixée par la collectivité dans une fourchette légale dépendant du chiffre d'affaires réalisé deux ans plus tôt : de 247 € à 7 669 € pour la CFE due au titre de 2026.
Cette seconde variable est tout aussi décisive que le taux, et elle est votée séparément. Une ville au taux modéré peut avoir retenu le haut de la fourchette de base minimum, et coûter davantage qu'une ville au taux apparemment plus élevé.
Le détail du calcul figure dans notre guide sur la cotisation foncière des entreprises, et notre simulateur de CFE combine les deux paramètres pour donner un montant.
Combien cela représente, concrètement
Prenons une consultante sans local, ayant réalisé 45 000 € de chiffre d'affaires en 2024, dans une commune ayant retenu une base minimum de 1 200 €.
| Ville |
Taux 2026 |
Cotisation estimée |
| Paris |
16,52 % |
198 € |
| Versailles |
18,86 % |
226 € |
| Lyon |
30,34 % |
364 € |
| Montreuil |
38,67 % |
464 € |
L'écart entre les deux extrêmes atteint 266 € par an pour une activité strictement identique. Sur cinq ans, cela représente plus de 1 300 €.
Ces montants sont des ordres de grandeur : ils supposent que les quatre villes retiennent la même base minimum, ce qui n'est pas le cas en pratique. C'est pourquoi le taux seul ne suffit jamais à conclure.
Notre tableau ne couvre que les 51 principales villes. Pour les 34 800 autres communes, trois sources permettent d'obtenir le chiffre exact.
Le fichier des taux votés de la Direction générale des collectivités locales est la source de référence : il recense l'ensemble des communes et des intercommunalités, avec les taux de l'année en cours.
Votre avis de CFE porte le taux appliqué, la base retenue et le détail des taxes annexes. C'est la source la plus fiable, puisqu'elle concerne votre situation réelle.
Le service des impôts des entreprises dont vous dépendez peut enfin vous communiquer le taux applicable avant même toute installation, ce qui est utile lorsqu'on hésite entre deux adresses.
Un réflexe à conserver : demander le taux de l'intercommunalité, pas celui de la commune, puisque c'est lui qui s'applique dans la plupart des cas.
Les taxes qui s'ajoutent au taux affiché
Le taux voté ne produit pas à lui seul la somme réclamée. Deux prélèvements viennent s'y greffer.
La taxe additionnelle pour frais de chambres de commerce et d'industrie représente 1,12 % de la base d'imposition. En sont dispensés les artisans inscrits au répertoire des métiers, les coopératives agricoles et les loueurs en meublé.
Les frais de gestion de la fiscalité directe locale s'élèvent à 1 % du total formé par la CFE et cette taxe additionnelle.
Comptez donc, pour approcher la somme réellement due, environ 2 % au-dessus de la cotisation obtenue par le simple produit base × taux.
Les territoires qui exonèrent totalement
Le taux importe peu lorsqu'une exonération s'applique, et certains zonages en ouvrent droit.
Les quartiers prioritaires de la politique de la ville, les zones franches urbaines, les bassins d'emploi à redynamiser et les bassins urbains à dynamiser permettent une exonération temporaire de CFE, sur délibération de la collectivité.
Deux conditions encadrent ces dispositifs. La collectivité doit avoir délibéré en ce sens, ce qui n'est jamais automatique, et l'entreprise doit en faire la demande, généralement lors de la déclaration initiale.
Ces zonages sont souvent situés dans des communes aux taux élevés, ce qui inverse complètement l'arbitrage : une adresse en quartier prioritaire peut coûter zéro là où l'adresse voisine coûte le taux plein.
Le détail des conditions figure dans notre guide sur les exonérations de CFE.
Utiliser ces taux pour choisir son adresse
La comparaison n'a d'intérêt que si elle porte sur des territoires réellement distincts. Trois réflexes évitent les fausses bonnes idées.
Vérifier l'intercommunalité avant la commune. Changer d'adresse au sein d'une même métropole est sans effet sur la CFE.
Regarder la base minimum autant que le taux, en particulier si votre activité s'exerce sans local : c'est elle qui portera l'essentiel de la cotisation.
Anticiper d'une année. L'imposition est établie d'après la situation au 1er janvier : un transfert de siège social réalisé en cours d'année ne produit son effet que sur la CFE de l'année suivante.
Les conséquences chiffrées d'un changement d'adresse sont développées dans notre guide sur domiciliation et CFE. Et si vous exercez en micro-entreprise, notre guide sur la CFE en micro-entreprise détaille le mécanisme de la base minimum.
Les taux votés sont publiés chaque année par la Direction générale des collectivités locales, où vous pouvez consulter le fichier complet des 34 800 communes, et le régime de la CFE est exposé sur la fiche Service-Public.
Vous souhaitez domicilier votre entreprise dans une commune à la fiscalité plus douce ? SeDomicilier vous propose une adresse professionnelle et s'occupe des formalités, en ligne et en quelques minutes.