
En France, les revenus professionnels des indépendants sont classés en plusieurs catégories fiscales. Les deux principales pour les travailleurs à leur compte sont :
Cette catégorie regroupe les activités commerciales, industrielles et artisanales. En clair, tout ce qui implique la vente de biens ou la fourniture de services à caractère commercial ou manuel.
Cette catégorie couvre les professions libérales et les activités intellectuelles ou artistiques qui ne relèvent pas du commerce. C'est le régime des "savoirs" plutôt que des "marchandises".
Cette distinction remonte au Code général des impôts et structure l'ensemble du droit fiscal des indépendants. Elle s'applique quelle que soit votre forme juridique : micro-entrepreneur, entreprise individuelle, ou même en société (dans ce dernier cas on parle davantage d'IS, mais la logique BIC/BNC reste pertinente pour la classification de l'activité).
Les activités relevant des BIC sont celles qui entrent dans les grandes familles suivantes :
Le critère déterminant est souvent la présence d'un acte commercial : achat pour revendre, prestation dans un cadre artisanal reconnu, activité nécessitant une inscription au RCS (Registre du commerce) ou au Répertoire des métiers.
Les BNC couvrent deux grandes familles de professions :
Ce sont des professions dont l'exercice est encadré par une loi ou un ordre professionnel. Exemples : médecins, avocats, notaires, experts-comptables, architectes, infirmiers, kinésithérapeutes, psychologues, vétérinaires. Leurs revenus relèvent des BNC par définition.
C'est la catégorie qui a explosé avec le développement du freelancing et de l'économie numérique. Elle regroupe toutes les activités intellectuelles ou de service qui ne relèvent pas d'un ordre professionnel et qui ne sont pas de nature commerciale : consultant, coach, formateur, rédacteur, traducteur, graphiste, développeur web, photographe, thérapeute, conseiller en marketing, ingénieur freelance…
La règle générale : si votre activité repose principalement sur votre savoir-faire intellectuel, artistique ou technique, et qu'elle n'implique pas d'acte de commerce (achat pour revendre, stockage, vente de marchandises), vous êtes probablement en BNC.
La frontière BIC/BNC n'est pas toujours évidente, surtout pour certains métiers hybrides. Quelques exemples de situations fréquentes :
Sur les cotisations sociales (micro-entrepreneur) : les taux diffèrent selon la catégorie. En 2026, un micro-entrepreneur BIC prestations de services paie 21,2 % de son CA en cotisations, contre 25,6 % pour un micro-entrepreneur BNC (professions libérales relevant de la SSI). Un écart non négligeable qui influe directement sur la rentabilité.
La catégorie BIC ou BNC est normalement déterminée lors de la création de votre activité, via le guichet unique de l'INPI (Institut national de la propriété industrielle). Le formulaire de création vous demande de préciser la nature de votre activité, et l'administration la classe ensuite dans la bonne catégorie.
Si vous avez un doute sur la classification de votre activité, il est possible de demander un rescrit fiscal à l'administration fiscale : une réponse officielle et opposable qui sécurise votre situation. Cette démarche est gratuite et accessible à tous les professionnels indépendants.
Bien connaître sa catégorie, c'est la base d'une gestion saine : les bons taux de cotisations, les bonnes obligations comptables, et aucune mauvaise surprise lors d'un contrôle.

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