
Une case à cocher avant le mercredi 30 septembre, et l'impôt d'un micro-entrepreneur peut passer de 1 800 € à 204 € sur la même année. Passé cette date, la décision est reportée d'un an entier.
Il s'agit du versement libératoire de l'impôt sur le revenu. L'option exercée d'ici au 30 septembre 2026 prendra effet au 1er janvier 2027 — et c'est l'un des rares choix fiscaux qui se décide en dix minutes.
Par défaut, le bénéfice d'une micro-entreprise est imposé au barème progressif, après application d'un abattement forfaitaire : 71 % en vente de marchandises, 50 % en prestations de services BIC, 34 % en activité libérale.
Le versement libératoire remplace ce mécanisme par un prélèvement à taux fixe sur le chiffre d'affaires, réglé en même temps que les cotisations sociales, chaque mois ou chaque trimestre.
| Activité | Taux du versement libératoire |
|---|---|
| Vente de marchandises et hébergement | 1 % |
| Prestations de services BIC | 1,7 % |
| Activités libérales (BNC) | 2,2 % |
L'option se prend une fois pour toutes les recettes de l'année, elle ne se panache pas. Et elle ne vaut que pour l'avenir : exercée en 2026, elle ne change rien à l'impôt dû au titre de 2026.
La comparaison paraît compliquée. Elle tient en réalité à une seule question : votre foyer est-il imposable ?
Prenons un prestataire de services BIC. Au barème, il est imposé sur la moitié de son chiffre d'affaires ; au versement libératoire, il paie 1,7 % de la totalité. Les deux s'équilibrent autour d'un taux marginal de 3,4 %, un taux qui n'existe pas dans le barème.
Conséquence pratique : dès la première tranche imposable, celle à 11 %, le versement libératoire est gagnant. Et il l'est de plus en plus à mesure que le taux marginal monte.
| Situation | Impôt au barème | Versement libératoire | Écart |
|---|---|---|---|
| 12 000 € de services, foyer non imposable | 0 € | 204 € | Perte de 204 € |
| 12 000 € de services, tranche à 11 % | 660 € | 204 € | Gain de 456 € |
| 12 000 € de services, tranche à 30 % | 1 800 € | 204 € | Gain de 1 596 € |
Le même raisonnement vaut pour les autres activités : le point d'équilibre se situe partout autour de 3,4 % de taux marginal, que l'abattement soit de 71 %, 50 % ou 34 %.
C'est la situation que les comparatifs oublient, et elle concerne beaucoup de micro-entrepreneurs en début d'activité ou en complément d'un revenu modeste.
Un foyer non imposable ne paie rien au barème sur son bénéfice micro. Avec le versement libératoire, il paie quand même 1 %, 1,7 % ou 2,2 % de son chiffre d'affaires. L'option transforme alors un impôt nul en impôt réel.
La règle à retenir tient en une phrase : si votre foyer n'est pas imposable, n'optez pas ; s'il l'est, même dans la première tranche, l'option est presque toujours favorable.
Trois conditions doivent être remplies simultanément.
Relever du régime micro-fiscal et du régime micro-social, ce qui est le cas de toute micro-entreprise n'ayant pas opté pour le régime réel.
Respecter le plafond de revenu fiscal de référence, et c'est ici que les erreurs se glissent. L'année examinée est l'avant-dernière : pour une option prenant effet en 2027, c'est le revenu fiscal de référence de 2025 qui compte, et le plafond est de 29 579 € par part.
Ce plafond est majoré de 50 % par demi-part supplémentaire : 59 158 € pour un couple, 73 947,50 € avec un enfant, 88 737 € avec deux enfants.
Ne pas dépasser les seuils de chiffre d'affaires du régime micro, soit 203 100 € en vente et 83 600 € en prestations de services et activités libérales.
La démarche se fait auprès de l'Urssaf, depuis l'espace en ligne du micro-entrepreneur, et prend quelques minutes. Vous pouvez vérifier votre éligibilité sur le site des impôts avant de vous lancer.
Les entreprises déjà créées ont jusqu'au 30 septembre pour une application au 1er janvier suivant. Les entreprises créées en cours d'année disposent d'un délai différent : jusqu'au dernier jour du troisième mois suivant la création, avec effet immédiat.
La sortie obéit à la même date. Renoncer à l'option suppose de le signaler à l'Urssaf avant le 30 septembre, pour une sortie au 1er janvier suivant. On ne quitte donc pas le dispositif en cours d'année.
Un cas de sortie est automatique : le dépassement des seuils du régime micro, qui met fin au versement libératoire de plein droit.
Elle ne modifie ni vos cotisations sociales ni leurs taux — 12,3 %, 21,2 % ou 25,6 % selon l'activité. Seule la ligne « impôt sur le revenu » s'ajoute à votre déclaration de chiffre d'affaires.
Elle ne dispense pas de déclarer. Le chiffre d'affaires reste à porter sur la déclaration annuelle de revenus, dans une case dédiée, car il entre dans le calcul du revenu fiscal de référence du foyer.
Et elle ne touche pas à la cotisation foncière des entreprises, qui est un impôt local dû en plus, quel que soit le régime fiscal retenu. Nous en détaillons le calcul dans notre guide sur la CFE en micro-entreprise.
Pour une vision d'ensemble de ce que rapporte réellement une activité indépendante après cotisations et impôt, notre guide sur le complément de salaire reprend le calcul étape par étape, et celui sur les charges du micro-entrepreneur détaille les taux applicables.
Les conditions officielles figurent sur la fiche Service-Public du régime fiscal de la micro-entreprise, et le dispositif est régi par l'article 151-0 du code général des impôts.
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