
La réforme ne touche ni le montant de l'allocation, ni les conditions d'affiliation : elle plafonne la durée d'indemnisation ouverte par une rupture conventionnelle individuelle. Le barème passe de trois tranches d'âge à deux, et se resserre nettement.
| Âge à la fin du contrat | Avant le 1er septembre 2026 | Depuis le 1er septembre 2026 | Écart |
|---|---|---|---|
| Moins de 55 ans | 18 mois | 15 mois | − 3 mois |
| 55 et 56 ans | 22,5 mois | 20,5 mois | − 2 mois |
| 57 ans et plus | 27 mois | 20,5 mois | − 6,5 mois |
Le détail le moins commenté est aussi le plus brutal : ce sont les 57 ans et plus qui perdent le plus, avec 6,5 mois d'indemnisation en moins, du fait de la fusion des deux tranches seniors en une seule. Ces nouvelles durées d'indemnisation publiées par le Code du travail numérique découlent de la loi n° 2026-470 du 11 juin 2026.
Outre-mer (hors Mayotte), les durées suivent la même logique : 20 mois avant 55 ans (contre 24) et 30 mois à partir de 55 ans (contre 30 pour les 55-56 ans et 36 pour les 57 ans et plus).
Trois points de vigilance déterminent si vous relevez de l'ancien ou du nouveau barème.
La date de fin de contrat, pas la date de signature. Le nouveau plafond s'applique aux allocataires dont la fin de contrat de travail, telle que fixée par la convention de rupture, intervient à compter du 1er septembre 2026. Une convention signée en juillet 2026 mais dont la rupture prend effet en octobre relève donc bien du nouveau régime.
Uniquement la rupture conventionnelle individuelle. La rupture conventionnelle collective, négociée dans le cadre d'un accord d'entreprise, n'est pas visée par le plafonnement et conserve l'ancien barème.
Une prolongation possible après 55 ans. Les allocataires de 55 ans et plus peuvent demander à France Travail une prolongation de leur durée d'indemnisation. Elle n'est pas automatique : elle s'obtient après examen des démarches de recherche d'emploi effectuées, comme le précise l'Unédic dans sa présentation des changements du 1er septembre 2026.
C'est l'effet de bord le plus important de la réforme, et le moins visible. Un demandeur d'emploi qui crée ou reprend une entreprise a le choix entre deux dispositifs, exclusifs l'un de l'autre :
Dans les deux cas, le calcul part du reliquat de droits. Moins de mois d'indemnisation, donc moins de droits, donc moins de capital de lancement.
Prenons un cadre dont l'allocation mensuelle s'élève à 1 800 €, qui négocie une rupture conventionnelle et crée son entreprise immédiatement après, sans avoir consommé de droits.
| Fin de contrat avant le 1er sept. 2026 | Fin de contrat à partir du 1er sept. 2026 | |
|---|---|---|
| Durée d'indemnisation | 18 mois | 15 mois |
| Total des droits ARE | 32 400 € | 27 000 € |
| ARCE brute (60 % des droits) | 19 440 € | 16 200 € |
| ARCE nette (− 3 % retraite compl.) | 18 857 € | 15 714 € |
| Premier versement (50 %) | 9 428 € | 7 857 € |
L'écart final atteint 3 143 € de capital de lancement, dont 1 571 € dès le premier versement — au moment précis où la trésorerie de départ est la plus tendue. Rapporté au budget d'amorçage d'une petite structure de services, cela représente souvent plusieurs mois de charges fixes.
Cette réforme n'arrive pas seule. Depuis le 1er juillet 2026, l'exonération de l'ACRE est passée de 50 % à 25 % : un créateur paie désormais 75 % de ses cotisations normales la première année, contre 50 % avant. Pour un consultant réalisant 40 000 € de chiffre d'affaires, cela représente environ 2 560 € de charges supplémentaires.
Les créateurs financés par le chômage encaissent donc deux baisses en trois mois : moins de capital au démarrage via l'ARCE, et plus de cotisations à payer la première année. Un point à intégrer dans tout prévisionnel construit sur d'anciennes simulations — d'autant que l'ACRE reste une condition d'accès obligatoire à l'ARCE, et qu'elle doit être demandée dans les 60 jours suivant le début d'activité. Le guide France Travail sur l'ARE, l'ARCE et l'ACRE détaille l'articulation des trois dispositifs.
Trois autres ajustements accompagnent la réforme :
Vous lancez votre activité et cherchez une adresse professionnelle sans engager de bail ? La domiciliation d'entreprise avec Sedomicilier vous donne un siège social et la gestion de votre courrier pour quelques euros par mois — une charge fixe allégée quand chaque euro du capital de départ compte.

Managing your business
Reading time: 12 min

Managing your business
Reading time: 8 min

Managing your business
Reading time: 8 min