
Le gouvernement a repoussé au 30 septembre 2026 la date limite de demande de l'indemnité carburant de 100 €. Le guichet devait fermer le 31 août, il reste donc trois semaines.
La raison de ce report est parlante : 1,4 million de demandes ont été déposées, mais plus de 1,5 million de personnes éligibles n'ont encore rien demandé, sur trois millions de bénéficiaires attendus.
Et une confusion explique en partie ce retard : beaucoup d'indépendants pensent que le dispositif ne visait que les salariés. C'est faux, et l'enjeu est de 100 € par personne.
L'aide est une indemnité forfaitaire de 100 €, versée une fois, créée par le décret n° 2026-333 du 30 avril 2026.
Le montant correspond, selon la présentation faite par Bercy, à l'équivalent d'une remise de 20 centimes par litre sur six mois de consommation moyenne. Ce n'est pas un crédit d'impôt : c'est un virement.
Le versement intervient une dizaine de jours après validation de la demande, sur le compte bancaire déjà connu de l'administration fiscale.
C'est le point que la communication a mal fait passer. L'aide s'adresse aux actifs qui roulent, quelle que soit la catégorie de leurs revenus d'activité.
Sont donc éligibles ceux qui déclarent des traitements et salaires, mais aussi des BIC pour les commerçants et artisans, des BNC pour les professions libérales et des bénéfices agricoles.
Un artisan qui se déplace sur ses chantiers, une infirmière libérale en tournée, un consultant qui va chez ses clients, un micro-entrepreneur livreur : tous entrent dans le champ s'ils remplissent les conditions de revenu et de kilométrage.
L'aide fait partie des dispositifs ouverts aux micro-entrepreneurs que peu connaissent, alors qu'ils se demandent en quelques minutes.
| Condition | Seuil ou critère |
|---|---|
| Revenu fiscal de référence par part | 16 880 € au maximum, au titre des revenus 2024 |
| Distance domicile-travail | Au moins 15 km par trajet, soit 30 km aller-retour |
| Ou kilométrage professionnel annuel | Au moins 8 000 km |
| Résidence fiscale | En France |
| Âge | 16 ans au moins au 31 décembre 2024 |
| Revenus d'activité | Salaires, BIC, BNC ou bénéfices agricoles |
| Véhicule | Personnel, assuré, thermique ou hybride non rechargeable |
Les deux critères de déplacement ne se cumulent pas : il suffit d'en remplir un seul. Le kilométrage professionnel de 8 000 km est souvent le plus facile à atteindre pour un indépendant en tournée.
Une exclusion passe souvent inaperçue : les redevables de l'impôt sur la fortune immobilière en 2024 sont écartés du dispositif, même si leur revenu fiscal par part respecte le plafond.
C'est le motif de refus le plus fréquent, et il n'a rien d'évident.
Sont éligibles les deux, trois et quatre roues à moteur thermique ou hybride non rechargeable, à condition qu'ils soient personnels et régulièrement assurés.
Sont exclus les véhicules électriques, à hydrogène et hybrides rechargeables, mais aussi les poids lourds, les engins agricoles, les quadricycles lourds — et surtout les véhicules de fonction et de société.
Ce dernier point mérite un calcul pour les gérants : si votre voiture est inscrite à l'actif de votre société, vous n'êtes pas éligible. L'aide vise le véhicule personnel utilisé pour un usage professionnel, pas le contraire.
Tout se passe sur impots.gouv.fr et prend une dizaine de minutes.
Première étape : utiliser le simulateur d'éligibilité, qui vérifie le revenu fiscal de référence à partir du numéro fiscal avant de laisser accéder au formulaire.
Deuxième étape : renseigner le numéro fiscal, la plaque d'immatriculation et le numéro de la carte grise, puis certifier sur l'honneur la distance domicile-travail ou le kilométrage professionnel annuel.
Il n'y a aucun justificatif à joindre à la demande — mais l'administration peut les réclamer ensuite, et c'est là que la vigilance s'impose.
La règle est simple et souvent mal comprise : une seule aide par personne, et une seule aide par véhicule.
Conséquence favorable pour un couple : si les deux conjoints remplissent chacun les conditions et utilisent deux véhicules différents, chacun dépose sa demande et le foyer perçoit 200 €.
En revanche, deux personnes qui partagent le même véhicule ne peuvent pas obtenir deux aides, même si toutes deux sont éligibles par ailleurs.
Une précision comptable qui évite une erreur d'écriture : l'indemnité est versée à la personne, pas à l'entreprise.
Elle n'entre donc ni dans le chiffre d'affaires, ni dans les charges d'exploitation, et n'a pas à figurer dans la comptabilité de la société ou de l'entreprise individuelle.
Elle ne remplace pas non plus la déduction des frais de déplacement : les indemnités kilométriques et les frais réels restent déductibles dans les conditions habituelles, indépendamment de cette aide.
La demande se fait sur déclaration, mais le contrôle est possible. Quatre pièces à archiver :
L'avis d'impôt établi en 2025, qui porte le revenu fiscal de référence par part des revenus 2024 retenu par l'administration.
La carte grise du véhicule utilisé et l'attestation d'assurance en cours de validité à la date de la demande.
Une preuve du kilométrage : relevé kilométrique, factures d'entretien, carnet de bord, itinéraires récurrents, ou tout élément établissant le lien entre les trajets et l'activité professionnelle.
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