Marc Simoncini est le fondateur de Meetic, le site de rencontres devenu leader en Europe avant d'être racheté par l'américain Match.com. Né à Marseille en 1963, il a aussi créé iFrance, investi dans de nombreuses startups et siège au jury de « Qui veut être mon associé ? » sur M6.
Ce portrait s'en tient aux faits vérifiés dans des sources publiques : documents de l'Autorité des marchés financiers, communiqués officiels, profils institutionnels et articles de presse datés. Nous citons la source de chaque chiffre important.
Marc Simoncini est un cas d'école pour les entrepreneurs : plusieurs échecs, deux grandes réussites et une même méthode, qui consiste à tester vite, à céder au bon moment et à recommencer. Il raconte lui-même ses faillites sans détour, ce qui rend son parcours utile à décortiquer.
Qui est Marc Simoncini en quelques repères ?
Marc Simoncini est un entrepreneur et investisseur français, né à Marseille le 12 mars 1963 selon Business Cool, seule source consultée à donner le jour exact ; FrenchWeb confirme mars 1963. Voici les repères à connaître avant d'entrer dans le détail.
Après un baccalauréat obtenu en 1982 à Dijon, il suit des études d'informatique à l'École supérieure d'informatique de Montreuil, aujourd'hui SUPINFO, d'après le récit qu'il en fait dans le podcast « Hondelatte raconte ».
| Repère |
Ce qu'il faut retenir |
| Naissance |
Marseille, 12 mars 1963, selon Business Cool |
| Premières sociétés |
CTB (services Minitel, liquidée dans la seconde moitié des années 1980), puis Opsion Innovation |
| iFrance |
Hébergeur de sites web revendu à Vivendi en 2000 |
| Meetic |
Société créée en novembre 2001, site en ligne en avril 2002, cotée en Bourse le 12 octobre 2005 |
| Sortie de Meetic |
Offre de Match.com en 2011, sortie totale du capital en septembre 2013 |
| Investisseur |
Jaïna Capital (fin 2009 selon Wikipédia), rapproché du fonds Daphni en 2019 |
| Angell |
Vélo électrique lancé en 2020, repris par Rebirth en juillet 2025 |
| Télévision |
Juré de « Qui veut être mon associé ? » sur M6 depuis 2020 |
Après ses études, Marc Simoncini lance CTB, une société de services Minitel installée à Dijon, dont l'idée naît au milieu des années 1980. L'entreprise dépose le bilan dans la seconde moitié de la décennie, après l'impayé d'un gros client suisse d'environ un million de francs suisses, selon son récit dans le podcast « Hondelatte raconte ».
Il rebondit avec Opsion Innovation, une société de services informatiques spécialisée dans les solutions interactives sous UNIX. Il y rencontre Xavier Niel, alors client de la société. Les deux hommes s'associeront plus tard sur plusieurs projets, comme nous le racontons dans notre portrait de Xavier Niel.
C'est au sein d'Opsion que naît iFrance, un hébergeur de sites web gratuits devenu le deuxième de France derrière Multimania, toujours d'après sa fiche Wikipédia. Il est lancé dans la seconde moitié des années 1990.
En 2000, iFrance est revendue à Vivendi pour 45 millions d'euros en numéraire et un million d'actions Vivendi, selon FrenchWeb.
La chute boursière du groupe lui laisse ensuite des dettes de plusieurs millions d’euros : selon Maddyness et Business Cool, l’emprunt qui finançait Meetic était gagé sur ses actions Vivendi. La première vente n’a donc pas suffi à le mettre à l’abri.
Marc Simoncini crée Meetic en novembre 2001 : la société Ilius SAS, éditrice du site, est constituée le 30 octobre 2001 et immatriculée le 13 novembre 2001, selon le document de base de 2005. La première version de meetic.fr est mise en ligne en avril 2002. Le service se développe d'abord en France, puis dans toute l'Europe.
Meetic est cotée à Paris le 12 octobre 2005, selon l'avis d'admission publié par Euronext. Dans son document de base, la société revendique en juin 2005 plus de 12,4 millions de profils enregistrés depuis sa création et 23,95 % d'audience européenne selon Nielsen/NetRatings, soit la plus forte part des sites de rencontres en Europe.
Le groupe grandit ensuite par acquisitions. Le 19 février 2009, Meetic signe l'accord de rachat des activités européennes de Match.com, son principal concurrent, détenu par l'américain IAC ; selon son communiqué, l'opération devait devenir effective au plus tard fin juin 2009.
En 2011, IAC détient indirectement 26,51 % du capital de Meetic, selon l'AMF, avant de reprendre la société deux ans plus tard.
Combien Marc Simoncini a-t-il gagné en vendant Meetic ?
La cession de Meetic s'est faite en deux temps, documentés par des textes officiels : l'offre publique d'achat de Match.com en 2011, annoncée le 30 mai 2011 selon une dépêche de Tradingsat, puis le rachat de ses dernières actions en 2013.
| Étape |
Ce que disent les documents |
| Avant l'offre (juin 2011) |
5 239 619 actions Meetic, soit 22,79 % du capital et 31,87 % des droits de vote |
| Offre publique d'achat (juillet 2011) |
Prix de 15 € par action ; engagement d'apporter 3 667 733 actions, soit 70 % de sa participation |
| Après l'offre |
1 571 886 actions conservées, soit 6,84 % du capital, et souhait de rester au conseil d'administration |
| Septembre 2013 |
Vente des 6,7 % restants à 18,75 € par action, soit environ 29,5 millions d'euros, et démission du conseil |
| Estimation SeDomicilier |
Environ 55 millions d'euros en 2011 (3 667 733 × 15 €) et 29,5 millions en 2013, soit près de 85 millions d'euros avant impôts |
Ces montants viennent de deux documents : la note en réponse de Meetic visée par l'AMF le 5 juillet 2011, et le communiqué de Match.com du 25 septembre 2013. Le total de 85 millions d'euros est notre calcul : il suppose que l'engagement d'apport de 2011 a été intégralement exécuté et ne tient pas compte de l'impôt.
Quelle est la fortune de Marc Simoncini ?
Il n'existe aucun chiffre officiel sur son patrimoine : les montants publiés sont des estimations de la presse économique. Challenges, qui classe chaque année les fortunes professionnelles françaises, l'estimait autour de 400 millions d'euros en 2020, avant de la réviser à 360 millions d'euros quelques mois plus tard, d'après Business Cool.
Challenges la plaçait à 500 millions d’euros en 2023 (264e fortune française, d’après Wikipédia), et d’autres médias reprennent environ 500 millions d’euros en 2025.
Nous retenons donc un ordre de grandeur de 500 millions d’euros, à lire comme une estimation de la presse économique et non comme un montant officiel.
| Année |
Estimation |
Source |
| 2020 |
Environ 400 M€, révisée à 360 M€ (environ 240e rang) |
Challenges, relayé par Business Cool |
| 2023 |
500 M€ (264e fortune française) |
Challenges, cité par Wikipédia |
| 2025 |
Environ 500 M€ |
Pure Fortune et Capital, relayés par Business Cool |
Ces classements évaluent une fortune professionnelle, c'est-à-dire des participations et des actions : ils ne disent rien des liquidités ni des dettes. Marc Simoncini explique dans plusieurs interviews avoir réinvesti l'essentiel des gains de Meetic dans des startups, et le profil de Daphni indique qu'il a personnellement investi plus de 70 millions d'euros.
Quelles sont ses entreprises et ses investissements ?
Après Meetic, Marc Simoncini devient investisseur à plein temps. Il lance Jaïna Capital, un fonds créé fin 2009 selon Wikipédia et déjà actif en mars 2010 d'après CFNews, qui finance des modèles économiques nouveaux. Parmi ses participations citées par Wikipédia figurent Made.com, OLX, Winamax, Zilok, Ouicar et Ifeelgoods.
En novembre 2012, il figure aussi parmi les investisseurs, avec Jacques-Antoine Granjon, Xavier Niel et Bernard Arnault, d'un tour de 12 millions d'euros de l'amplificateur Devialet, selon FrenchWeb.
En 2019, Jaïna se rapproche de Daphni, où il est aujourd'hui Venture Partner. Voici les principales aventures qui jalonnent son parcours, avec ce que l'on sait de chacune.
| Company |
Rôle de Marc Simoncini |
Ce que l'on sait |
| iFrance |
Fondateur |
Revendue à Vivendi en 2000 pour 45 M€ et un million d'actions |
| Meetic |
Fondateur |
Cotée en 2005, cédée à Match.com en 2011 et 2013 |
| Jaïna Capital |
Fondateur du fonds |
Créé fin 2009, rapproché de Daphni en 2019 |
| Sensee |
Fondateur |
Marque d'optique en ligne, revendue à Acuitis selon Daphni |
| Aztec |
Investisseur |
Dameuses à neige, vendue aux enchères en 2016 |
| Angell |
Fondateur |
Vélo électrique connecté, repris par Rebirth en 2025 |
Parmi ses échecs, Aztec, une start-up de dameuses à neige, dont il s'est retiré en 2015 avant sa vente aux enchères en 2016. Il a lui-même évoqué une perte d'environ 7 millions d'euros, dans un entretien au Figaro en 2018 cité par Wikipédia puis dans le podcast de Matthieu Stefani. Cet épisode rappelle qu'un investisseur doit accepter qu'une partie de ses paris échoue.
Qu'est-il arrivé à Angell, son vélo électrique ?
Angell est la dernière grande aventure de Marc Simoncini comme fondateur. Présenté en 2019 comme un vélo électrique connecté fabriqué en France, avec le groupe SEB comme partenaire industriel, il est commercialisé en 2020, selon Presse-citron, dont voici la chronologie résumée.
| Date |
Événement |
| 2019 |
Présentation du prototype et partenariat avec SEB pour l'assemblage en France |
| 2020 |
Commercialisation du vélo, en pleine pandémie |
| 2022 |
Environ 5 000 vélos écoulés, selon Presse-citron |
| Septembre 2023 |
Levée de 20 M€ auprès notamment de Bpifrance et de CMA CGM |
| Automne 2024 |
Défaut sur le cadre des modèles de première génération et rappel d’environ 5 000 vélos, selon Maddyness |
| Janvier 2025 |
Cessation de paiement et annonce d'assignations contre SEB et KickMaker |
| Mi-juillet 2025 |
Reprise par Rebirth validée par le tribunal de commerce de Bobigny (annoncée le 18 juillet) |
Fin janvier 2025, Marc Simoncini annonce vouloir assigner SEB et KickMaker, le bureau d'études qui a défini les procédés de fabrication. Les deux sociétés contestent toute responsabilité dans la fragilité des premiers cadres, d'après Transition Vélo. Il s'agit d'une position de partie, et aucune décision de justice n'a été rendue à notre connaissance.
Selon des articles publiés le 18 juillet 2025, le tribunal de commerce de Bobigny valide la reprise par le groupe Rebirth, qui récupère les actifs, le fichier client et les 19 salariés, d'après Transition Vélo et Les Échos.
Marc Simoncini cède la société pour un euro symbolique et perd sa mise, une issue qu'il juge préférable à la liquidation, d'après Presse-citron. Rebirth reprend aussi les dettes de la société, d'environ 1,7 million d'euros.
Pourquoi Marc Simoncini est-il juré dans « Qui veut être mon associé ? »
Marc Simoncini siège au jury de l'émission de M6 depuis 2020, selon sa fiche Wikipédia. Il figure au casting de la saison 6, diffusée à partir du 8 janvier 2026, aux côtés notamment d'Anthony Bourbon, d'après Puremédias.
Selon Télé-Loisirs, cité par Puremédias, les montants qu'il a engagés dans l'émission atteignent 585 000 euros en saison 1, 826 000 en saison 2, 555 000 en saison 3, 825 000 en saison 4 et 100 000 euros l'année dernière.
M6 chiffre de son côté à 1,5 million d'euros son investissement dans 12 entreprises, d'après Maddyness (8 janvier 2026) : les deux séries ne mesurent sans doute pas la même chose, et l'écart entre promesses à l'écran et deals conclus nourrit des critiques régulières.
En février 2026, il a répondu sur Instagram, selon Puremédias, que se retirer après un audit complet n'est pas « trahir une promesse ». Pour un candidat, la leçon est claire : un accord à l'écran n'est pas un chèque, et il reste soumis à une vérification approfondie, que nous détaillons dans notre guide sur la levée de fonds.
Quels sont ses engagements en dehors de ses entreprises ?
Avec Xavier Niel et Jacques-Antoine Granjon, fondateur de Vente-Privée, Marc Simoncini annonce en janvier 2011 la création de l'École européenne des métiers de l'Internet, une école privée prévue pour 250 à 350 étudiants par an, selon TechCrunch.
Les trois fondateurs ont en commun d'avoir bâti de grandes entreprises du web français : Free pour Xavier Niel, Vente-Privée pour Jacques-Antoine Granjon et Meetic pour Marc Simoncini.
Le trio récidive en 2013 avec #101projets : un pitch d'une minute pour décrocher 25 000 euros. La session finale se tient le 18 novembre 2013 au Théâtre de Paris, après la présentation d'environ 300 projets, d'après Maddyness.
Le format, très court et très direct, rappelle celui de l'émission télévisée dont il est aujourd'hui l'un des visages. Il reste un exercice de conviction en soixante secondes, très éloigné d'un dossier de financement classique.
Il prend aussi position sur la politique économique. Fin octobre 2025, dans un message publié sur les réseaux sociaux et relayé par Capital, il critique la fiscalité et les démarches administratives imposées aux dirigeants, au moment du débat sur le budget. Il reproche notamment à l'État de traiter les entrepreneurs comme des fonctionnaires, mais sans la sécurité de l'emploi.
Hors du monde des affaires, il verse en avril 2024 250 000 euros à la collecte de l'association Rewild pour sauver le zoo de Pont-Scorff, en Bretagne. L'objectif de 600 000 euros est dépassé en quelques jours, avec environ 400 000 euros venus de plus de 23 000 donateurs, selon Futura.
Quels échecs ont marqué le parcours de Marc Simoncini ?
Il l'affirme sans détour : l'échec fait partie de son parcours. Sa première société, CTB, dépose le bilan dans la seconde moitié des années 1980, la vente d'iFrance lui laisse des dettes, Aztec lui coûte environ 7 millions d'euros et Angell se termine par une cession à un euro. Chaque fois, il est reparti sur un nouveau projet.
Lors d'une conférence rapportée en avril 2025, il a présenté Angell comme son dernier échec, à 62 ans. Ce parcours illustre une réalité souvent sous-estimée : les grandes réussites reposent sur un nombre élevé de tentatives, dont une partie seulement aboutit.
Que peuvent retenir les entrepreneurs du parcours de Marc Simoncini ?
Le premier enseignement concerne la cession progressive. Marc Simoncini détient 22,79 % de Meetic en juin 2011, apporte 70 % de ses titres à l'offre, conserve 6,84 % puis sort du capital en septembre 2013 : il a vendu en deux étapes plutôt qu'en une seule.
Le deuxième concerne le risque industriel. Angell dépendait d'un partenaire unique pour fabriquer ses cadres, et un défaut de conception a suffi à fragiliser toute l'entreprise. Un contrat de sous-traitance doit prévoir qui supporte quel risque, avant d'être signé.
Le troisième concerne le financement. Avant d'ouvrir son capital, mieux vaut comprendre ce que l'on cède : notre article sur l'ouverture du capital à des investisseurs détaille les mécanismes, et ce guide sur le financement d'une start-up compare les options.
Côté pratique, un entrepreneur n'a pas besoin de bureaux pour démarrer : il peut immatriculer sa société à une adresse professionnelle et recevoir son courrier sans louer de local, ce qui laisse le budget au produit et aux premiers recrutements.
Cette adresse s'obtient par la domiciliation, comme la domiciliation d'entreprise rue Saint-Honoré, Paris 1. Chez SeDomicilier, la création de société en ligne est offerte avec toute domiciliation : vous obtenez une adresse de siège et des statuts adaptés à votre projet.
Conclusion
Marc Simoncini incarne le serial entrepreneur français : une première faillite avant trente ans, un hébergeur de sites vendu à Vivendi, Meetic cédé à Match.com, puis un fonds, une émission de télévision et un vélo électrique qui s'achève par une reprise. Chaque étape est documentée par des sources publiques, que nous avons citées.
Pour l'entrepreneur, la leçon pratique tient en trois réflexes : tester vite, négocier ses sorties par étapes et sécuriser ses partenaires industriels. Nous mettrons ce portrait à jour dès qu'une nouvelle information sourcée sera publiée, notamment sur la relance d'Angell.
Vous créez ou domiciliez votre entreprise ? Découvrez les solutions de domiciliation d’entreprise proposées par SeDomicilier pour donner une adresse professionnelle à votre activité.