3,03 millions de Français avaient le statut d'auto-entrepreneur fin 2025, un record. Mais derrière cette croissance affichée par l'Urssaf, un chiffre nettement moins mis en avant interroge.
975 000 d'entre eux n'ont déclaré aucun chiffre d'affaires positif sur l'année, soit près d'un tiers des comptes actifs. Que révèle ce chiffre, et que faire si vous êtes concerné ?
Combien d'auto-entrepreneurs sont concernés par un chiffre d'affaires nul ?
Selon les statistiques publiées par l'Urssaf en septembre 2026 sur l'année 2025, la France comptait 3,03 millions d'auto-entrepreneurs administrativement inscrits fin 2025, soit 61,4 % de l'ensemble des travailleurs indépendants. Parmi eux, seuls 2,056 millions (67,8 %) ont déclaré un chiffre d'affaires strictement positif sur l'année.
Les 975 000 comptes restants n'ont enregistré aucune recette, un volume en hausse quasi proportionnelle à la croissance globale du statut : le nombre total d'auto-entrepreneurs a progressé de 129 000 entre fin 2024 et fin 2025 (+4,5 %), mais seuls 66 000 de ces nouveaux comptes ont effectivement généré du chiffre d'affaires.
| Indicator |
Valeur fin 2025 |
| Auto-entrepreneurs inscrits |
3,03 millions (+4,5 % sur un an) |
| Avec un CA positif déclaré |
2,056 millions (67,8 %) |
| Sans CA positif déclaré |
975 000 (32,2 %) |
| Part dans l'ensemble des indépendants |
61,4 % |
Pourquoi autant de comptes n'affichent-ils aucune activité ?
Ce chiffre ne signifie pas qu'un tiers des auto-entrepreneurs ont abandonné leur projet. La mesure Urssaf agrège toute l'année : elle inclut les créations tardives dont l'activité n'a pas encore démarré, les comptes en pause volontaire (parentalité, autre emploi, saison basse) et ceux ouverts « par précaution » pour un projet encore à l'étude.
S'y ajoutent des comptes inactifs jamais formellement fermés : beaucoup de porteurs de projet oublient qu'un auto-entrepreneur reste administrativement actif — et redevable d'une déclaration, même à 0 € — tant qu'aucune démarche de cessation n'a été effectuée auprès de l'Urssaf.
Ce ratio n'a par ailleurs rien d'exceptionnel sur un an : une mesure trimestrielle de l'Urssaf publiée en janvier 2026 indiquait déjà que 49,8 % des auto-entrepreneurs administrativement actifs étaient économiquement actifs au deuxième trimestre 2025. La différence avec les 67,8 % mesurés sur l'année entière s'explique simplement : un compte peut très bien être à 0 € sur un trimestre donné, puis enregistrer une recette plus tard dans l'année.
Autre élément de contexte : la dynamique de créations ralentit. La progression du nombre total d'auto-entrepreneurs est passée de +8,0 % en 2024 à +4,5 % en 2025, et celle des comptes avec recettes de +8,3 % à +3,2 % sur la même période — un signe que l'essoufflement touche autant les créations que l'activité réellement générée.
Une activité sans chiffre d'affaires, est-ce un problème pour mon statut ?
Non : contrairement à une idée reçue, le régime de la micro-entreprise n'impose aucun chiffre d'affaires minimum. Un compte à 0 € reste parfaitement légal, à une seule condition : continuer à transmettre sa déclaration de chiffre d'affaires à échéance (mensuelle ou trimestrielle), même vide, sous peine de pénalité de 55 € par déclaration manquante.
En revanche, l'absence durable de chiffre d'affaires peut entraîner une radiation d'office après deux années civiles consécutives sans aucune recette déclarée — une règle que beaucoup découvrent trop tard.
Que faire si vous êtes dans cette situation ?
Trois options s'offrent à un auto-entrepreneur sans activité réelle. D'abord, continuer les déclarations à 0 € si le projet est simplement mis en pause pour un temps : c'est la solution la plus simple pour conserver le statut sans relancer une immatriculation plus tard.
Ensuite, la mise en sommeil permet de suspendre formellement l'activité en cas de projet durablement interrompu, tout en gardant la possibilité de la réactiver dans les cinq années qui suivent, sans nouvelle immatriculation ni nouveaux frais.
Enfin, si le projet est définitivement abandonné, une radiation volontaire évite les relances et les pénalités de déclaration manquante. La démarche se fait en ligne, directement depuis l'espace personnel du portail officiel de l'Urssaf, et prend effet en principe sous quelques jours.
Quelle que soit l'option choisie, conserver une adresse de domiciliation à jour reste important tant que le compte est actif : c'est à cette adresse que l'Urssaf adresse ses relances et échéances.
La déclaration se fait sur le portail officiel autoentrepreneur.urssaf.fr, dans l'espace personnel, en indiquant 0 € dans la case chiffre d'affaires puis en validant normalement l'envoi. Aucune cotisation n'est due sur une déclaration à 0 €, et la démarche prend moins de deux minutes.
Un rappel est en général envoyé par e-mail quelques jours avant chaque échéance ; il reste valable même en l'absence totale d'activité sur la période et ne doit donc jamais être ignoré au prétexte qu'« il n'y a rien à déclarer ».
Ce chiffre doit-il inquiéter les futurs créateurs de micro-entreprise ?
Pas nécessairement. Il rappelle surtout qu'une micro-entreprise se crée facilement, sans capital ni formalité lourde, ce qui encourage les essais et les projets encore incertains — un compte à 0 € n'est donc pas un échec en soi. L'essentiel est de garder à l'esprit les deux obligations qui accompagnent cette souplesse : déclarer, même à vide, et statuer sur l'avenir du projet avant que les deux ans de radiation d'office n'arrivent.
SeDomicilier accompagne les auto-entrepreneurs à chaque étape de leur statut : création, domiciliation, mise en sommeil ou radiation, quelle que soit la situation de leur activité.
Written by our expert Céline
le 1 octobre 2026