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Amortissement linéaire : calcul, durées d'amortissement et exemple

C'est la méthode d'amortissement par défaut, celle que la plupart des entreprises appliquent sans se poser de question : l'amortissement linéaire répartit la valeur d'un bien à parts égales sur sa durée d'utilisation. Simple sur le principe, il réserve deux ou trois subtilités — le point de départ, le prorata de la première année, la base à retenir — qui font souvent la différence entre un plan d'amortissement juste et un plan à refaire.
Taxation
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Qu'est-ce que l'amortissement linéaire ?

Amortir une immobilisation, c'est constater comptablement la perte de valeur d'un bien du fait de son usage et du temps, en étalant son coût en charge sur plusieurs exercices. L'amortissement linéaire répartit cette charge de façon constante : chaque exercice complet supporte la même annuité.

C'est le mode d'amortissement de référence du Plan Comptable Général, et l'un des deux régimes d'amortissement admis par l'administration fiscale. Contrairement à l'amortissement dégressif, réservé à certains biens neufs listés par le Code général des impôts, le linéaire s'applique à toutes les immobilisations amortissables, sans condition de nature ni de durée.

Quelle base et quel taux d'amortissement ?

La base amortissable correspond au coût d'acquisition du bien (prix d'achat HT + frais accessoires nécessaires à sa mise en service : transport, installation, droits de douane), diminué de sa valeur résiduelle éventuelle — c'est-à-dire le montant que l'entreprise espère récupérer en le revendant en fin d'utilisation. En pratique, dans les petites structures, cette valeur résiduelle est le plus souvent nulle, et la base amortissable est donc égale à la valeur d'origine.

Taux linéaire = 100 ÷ durée d'amortissement (en années)

Annuité = base amortissable × taux linéaire

Un matériel amorti sur 5 ans a donc un taux de 100 ÷ 5 = 20 % ; sur 8 ans, 12,5 %.

Les durées d'amortissement usuelles

La durée à retenir est en principe la durée réelle d'utilisation du bien dans l'entreprise. Les petites entreprises peuvent toutefois s'en tenir aux durées d'usage admises par l'administration fiscale, plus simples à justifier :

Immobilisation Durée d'usage courante
Matériel informatique 3 years
Matériel de transport 4 à 5 ans
Matériel et outillage 7 à 10 ans
Mobilier de bureau 10 ans
Agencements et installations 10 à 20 ans
Bâtiments industriels 20 ans
Immeubles de bureaux 25 ans
Bâtiments commerciaux 20 à 50 ans

À noter : les biens de faible valeur — matériel et outillage, mobilier de bureau, logiciels — dont la valeur unitaire ne dépasse pas 500 € HT peuvent être comptabilisés directement en charges, sans passer par un plan d'amortissement. Une tolérance qui ne s'applique pas à l'équipement initial ni au renouvellement complet d'un parc, même si chaque élément coûte moins de 500 €.

La règle du prorata temporis

L'amortissement commence à courir non pas à la date d'achat, mais à la date de mise en service du bien. La première annuité est donc calculée au prorata du temps d'utilisation sur l'exercice, en jours, sur la base d'une année de 360 jours (12 mois de 30 jours) — une mécanique détaillée dans la doctrine consacrée au régime de l'amortissement linéaire.

Première annuité = annuité pleine × (nombre de jours d'utilisation ÷ 360)

Conséquence logique : le plan d'amortissement s'étale sur un exercice de plus que la durée théorique, la dernière annuité venant absorber le reliquat non amorti.

Exemple chiffré complet

Matériel acheté 12 000 € HT, mis en service le 1er avril de l'année N, amorti sur 5 ans en linéaire (taux de 20 %). Annuité pleine : 12 000 × 20 % = 2 400 €. Première annuité : 9 mois d'utilisation, soit 270 ÷ 360 = 0,75 → 1 800 €.

Exercice Base amortissable Annuité Cumul des amortissements Valeur nette comptable
N (9 mois) 12 000 € 1 800 € 1 800 € 10 200 €
N+1 12 000 € 2 400 € 4 200 € 7 800 €
N+2 12 000 € 2 400 € 6 600 € 5 400 €
N+3 12 000 € 2 400 € 9 000 € 3 000 €
N+4 12 000 € 2 400 € 11 400 € 600 €
N+5 (3 mois) 12 000 € 600 € 12 000 € 0 €

Le bien est intégralement amorti au bout de six exercices civils, pour une durée d'amortissement de cinq ans.

L'écriture comptable de la dotation

À chaque clôture, la dotation aux amortissements se comptabilise ainsi :

Compte Libellé Débit Crédit
6811 Dotations aux amortissements sur immobilisations corporelles et incorporelles 2 400 €  
2815x Amortissements des installations techniques, matériel et outillage   2 400 €

Le compte 6811 est une charge d'exploitation : il pèse sur le résultat de l'exercice. Le compte 28 vient, lui, en déduction de la valeur brute de l'immobilisation à l'actif du bilan — un mouvement que vous retrouvez ligne par ligne dans votre balance comptable.

Linéaire ou dégressif : que choisir ?

Critère Linéaire Dégressif
Biens concernés Toutes les immobilisations amortissables Uniquement certains biens neufs (article 39 A du CGI), durée ≥ 3 ans
Répartition de la charge Constante Plus forte les premières années
Base de calcul Valeur d'origine Valeur nette comptable restante
Prorata de la 1re année En jours En mois entiers
Intérêt principal Simplicité, lisibilité Avantage de trésorerie immédiat

Le montant total amorti est identique dans les deux cas : seule la répartition dans le temps change.

Amortissement linéaire et auto-entrepreneur

Les auto-entrepreneurs au régime micro-fiscal ne pratiquent pas d'amortissement : leurs charges sont couvertes par un abattement forfaitaire calculé sur le chiffre d'affaires, quel que soit le montant réellement dépensé. Acheter un ordinateur à 1 200 € ne change donc rien à leur imposition.

La question devient centrale dès le passage à un régime réel d'imposition — création d'une société, sortie de la micro-entreprise, dépassement des seuils. C'est souvent à ce moment que l'amortissement du matériel et des agencements se met à peser réellement sur le résultat imposable.

 

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Written by our expert Céline
le 1 septembre 2026
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Frequently asked questions

Que se passe-t-il si je change la durée d'amortissement en cours de route ?
Chevron
Une modification de la durée d'utilisation prévue est possible, mais elle constitue un changement d'estimation : le montant restant à amortir est réparti sur la nouvelle durée résiduelle, sans retraitement des exercices passés.
Un terrain s'amortit-il ?
Chevron
Non. Un terrain n'est pas considéré comme se dépréciant par l'usage ou le temps : il n'est pas amortissable, contrairement aux constructions qui s'y trouvent.
Peut-on amortir un bien d'occasion en linéaire ?
Chevron
Oui. Contrairement au dégressif, réservé aux biens neufs, le linéaire s'applique sans condition d'état du bien.
À partir de quelle date commence l'amortissement ?
Chevron
À la date de mise en service du bien, et non à sa date d'acquisition. Si les deux dates diffèrent, c'est bien la mise en service qui déclenche le plan d'amortissement.